Libérer ses émotions : la Colère

La colère est sans doute l’une des émotions les plus difficiles à accepter, surtout lorsqu’on est une femme. On nous apprend tôt à la cacher, à la minimiser, parfois même à l’interdire. En cherchant une image pour illustrer cet article, j’ai trouvé des centaines de photos de femmes tristes ou inquiètes… mais à peine quelques-unes de femmes en colère. Comme un reflet de notre société : la tristesse est acceptable, la colère l’est beaucoup moins.

Pourtant, la colère est une émotion précieuse. Elle nous alerte lorsqu’une limite a été franchie, lorsqu’une injustice est ressentie. Elle est une boussole intérieure. Et lorsque nous la réprimons trop longtemps, elle se loge dans le corps.

C’est l’histoire de Lilas, venue me voir pour des douleurs à la mâchoire.

Quand le corps parle à travers la mâchoire

Lilas arrive après six séances chez le chiropracteur. Sa mâchoire reste douloureuse malgré les manipulations. Le praticien, sentant que le problème est émotionnel plus que structurel, l’adresse à mon cabinet. Elle formule son objectif de séance : « Je libère ma mâchoire. »

Je lui demande : « Qu’as-tu à libérer ? » Elle ne sait pas répondre.

Le décodage biologique de la mâchoire

Les mâchoires jouent un rôle essentiel dans la digestion et symbolisent notre capacité à assimiler la réalité physique et émotionnelle. Elles reflètent notre force à choisir de nous ouvrir ou non aux autres, permettant des échanges sécurisés et favorisant l’affirmation de soi. Des tensions dans les mâchoires peuvent révéler des émotions refoulées comme la colère ou l’anxiété, et des problèmes d’articulation peuvent indiquer un conflit entre ce que l’on pense et ce que l’on ose exprimer. Les dysfonctionnements de la mâchoire peuvent résulter de sentiments d’impuissance, de dévalorisation ou de la pression à être parfait, indiquant la nécessité de se détendre et de laisser l’énergie circuler librement.

Chez Lilas, tout cela résonne fort 

Le conflit familial qui alimente sa colère

Petit à petit, Lilas partage ce qu’elle traverse. Depuis ses 18 ans, elle vit un conflit familial persistant. Ses frères lui reprochent d’être la « chouchoute » de la famille, parce qu’elle est la plus jeune. Les parents, dans une position délicate, se rangent tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Rapidement, Lilas se retrouve isolée.

Cette injustice, ce sentiment d’impuissance, la mettent profondément en colère. Mais cette colère, elle ne l’exprime pas : autour de la table, elle baisse la tête et se tait. Pour protéger ses parents, elle choisit de se taire plutôt que d’aggraver les tensions.

Son corps, lui, ne se tait pas. Il bloque. 

J’ai à cœur de partager cette histoire pour vous montrer l’apport d’un suivi en kinésiologie sur plusieurs séances.

Ce que révèle sa 1ère séance

À travers le test musculaire, plusieurs informations émergent :

    • Émotion : privation → Pour Lilas, il s’agit d’une privation de parole. Elle a appris à se taire pour ne pas déranger.
    • Sabotage : « Avant de le faire, je veux être sûre que ça va réussir » → Elle reconnaît que c’est son mode de pensée. Mais certaines choses s’apprennent en faisant, même avec des erreurs.
    • Pensée protectrice : « Celui qui réussira à me faire monter dans un avion n’est pas né » → Cela la renvoie à l’année dernière, lorsqu’elle était en échange universitaire. Ses parents l’ont forcée à rentrer en France auprès d’eux. Ils avaient envie de la voir, elle leur manquait. Mais à son retour, elle n’a pas trouvé sa place, ni de relations apaisées avec ses frères.
    • Croyance à transformer : « Les obstacles sont une chance pour moi d’apprendre » → Je lui partage que ce conflit avec son frère peut devenir un terrain d’émancipation pour elle.

Enfin, une Fleur de Bach ressort : Moutarde, qui accompagne les états de découragement. Lilas avoue ne pas voir le positif de ces épreuves, seulement la douleur. Mais le corps, lui, indique qu’il est temps de transformer cette perception.

Et puis, une émotion se révèle : le courroux. Lilas insiste qu’elle ne ressent pas de colère. Mais le corps la contredit : sa colère est bien là, juste profondément enfouie.

Le suivi en kinésiologie : transformer la colère sur la durée

Le travail avec Lilas s’est poursuivi sur plusieurs séances. À chaque étape, une nouvelle prise de conscience :

    • 2e séance : objectif « Je peux faire les choses en étant soutenue ». Elle réalise qu’elle n’exprime pas ses attentes ni ses émotions à ses parents, habitués à prendre le parti de son frère, lui qui prend toute la place par son mal-être.
    • 3e séance : focus sur sa capacité à communiquer quand elle est contrariée. Son schéma à lâcher : l’obstination. Elle comprend que se figer dans sa version des faits l’empêche de partager ses ressentis.
    • 4e séance : objectif « Nous résolvons nos conflits et nous nous pardonnons sincèrement ». Elle prend conscience du rejet qu’elle ressent encore de sa famille, et de la tristesse qui l’accompagne.
    • 5e séance : objectif « Peu importe ce que les autres font. Ce qui compte, c’est la façon dont je choisis d’y réagir ». Elle se détache progressivement des dynamiques familiales qui l’épuisaient.

Peu après, Lilas part aux États-Unis, prête à se construire dans un environnement plus sain, où elle peut s’épanouir pleinement.

Ce que nous enseigne la colère

L’histoire de Lilas illustre une vérité essentielle : la colère n’est pas une ennemie.
Elle est un signal, un garde-fou. Refusée, elle se fige dans le corps. Accueillie, elle devient une force d’affirmation.

Derrière une mâchoire serrée, il y a parfois une parole retenue. Derrière une tension, il y a souvent une émotion étouffée.

La colère ne nous rend pas faibles. Elle nous aide à tracer nos limites et à dire : « ça suffit ».

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